Tout devient possible...

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... surtout le pire.
Au lendemain de Copenhague, on se prend à cauchemarder un monde que les auteurs de fiction (science, anticipation ou post-apo) ont livré, plus ou moins violemment, dans leurs écrits... Brève revue de presse.

Jade Lindgaard dans Médiapart :

Si le projet d'accord de Copenhague ne permet même pas de limiter la hausse de la température au-dessous de 2 °C, alors à quoi sert-il ? C'est l'interrogation explosive formulée dans une note confidentielle du secrétariat de la convention de l'Onu sur le climat – les organisateurs de la Cop 15 – révélée par Mediapart jeudi après-midi. Même si les pays respectent les objectifs qu'ils se sont fixés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, la hausse de la température mondiale risque d'atteindre 3 °C. Cette note est un désaveu cinglant. Elle met à bas l'une des principales bases des négociations climatiques: comment faire pour que les émissions de CO2 provoquées par l'activité humaine ne réchauffent pas la température mondiale de plus de 2 °C. Le Giec avait conçu des scénarios de l'évolution du climat. Les récentes données de l'agence internationale de l'énergie que cite la note interne de l'Onu les radicalisent : les objectifs de baisse de 25% à 40% des émissions de gaz à effet de serre, pour les pays industrialisés, et de ralentissement de 15% à 30% pour les pays en développement, ne suffiront pas à empêcher de forts dérèglements climatiques. « Ce document prouve que l'accord qui se prépare à Copenhague nous mène à la catastrophe si personne ne réagit, a fait savoir Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, dans un communiqué. Une augmentation de trois degrés signifie la dévastation de l'Afrique et l'effondrement probable d'écosystèmes dont des milliards d'êtres humains dépendent. » C'est un brusque retour au réel dans la bulle des négociations du Bella Center danois. Jeudi soir, assis dans l'atrium encore bondé du Bella Center, le climatologue Hervé Le Treut, membre du Giec, illustre la portée des chiffres brassés quasi-mécaniquement depuis qu'ont débuté les négociations climatiques : « Si l'on passe à plus de 2 °C, cela ne veut pas dire que la planète va mourir, mais qu'on rentre dans un monde de plus en plus conflictuel, explique-t-il à Mediapart. Des conflits pour l'eau, l'alimentation, le maintien d'agriculture et de sylviculture durables...

Intégralité de l'article ici.

Et cette lettre, de Claude-Marie Vadrot, dans Médiapart, toujours  :

Messieurs qu'on nomme grands, messieurs les présidents, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être si vous avez le temps ; en quittant Copenhague dans un dernier panache de CO2. Hier pour les moins pressés d'en finir avec un rituel climatique qui vous ennuie énormément au-delà de vos discours convenus et rarement inconvenants, et aujourd'hui pour ceux qui ont voulu faire illusion jusqu'au bout. Nous serons nombreux à la signer, cette lettre, désespérés par votre indifférence et votre ignorance. Nous la signerons avant de mourir peut-être ou avant d'être parqués, pour la culture des générations futures, dans des réserves dites, par anti-phrase, naturelles, alors qu'elles contribuent à artificialiser l'espace naturel en y alignant les survivants. Nous la signons au nom des 8500 espèces menacées de disparaître bien avant que vous ne réussissiez à vous mettre d'accord pour bloquer ou casser le thermomètre et bloquer les tempêtes ; bien avant que vous ne cessiez de vous fixer une base de 2 °C en plus à ne pas dépasser, en feignant de croire qu'il n'existe pas des pays ou des régions dont la température moyenne a déjà augmenté bien au=delà. Dans l'Arctique ou en Afrique. Nous, à la différence des hommes qui souffrent, nous ne demandons pas de l'argent, juste un peu d'attention et quelques gestes pour la planète. Sans feindre de croire, comme les présidents français et américain, que dans chaque pays on installera des « thermomètres » témoins. Les cigognes, les blanches comme les noires, se demandent où elles vont désormais passer l'hiver puisque l'Espagne, la France, le Mali et le Maroc viennent de s'attribuer le pouvoir de décider de l'année à partir de laquelle ces pays qu'elles fréquentent décident que la température n'augmenterait que de deux degrés. Qui leur lira une nouvelle feuille de route ? Qui les guidera ? Qui réglera leur GPS sur la bonne latitude, qui les aidera à ne pas mourir de faim ou de soif ? Qui sauvera le lion dans la savane brûlée ? Les ours blancs, agrippés à leurs derniers glaçons qui baignent dans de l'eau trop tiède, lèvent la tête en vain vers le ciel. En se demandant qui viendra les empêcher de couler en même temps que les banquises sur lesquelles ils dérivent avec les derniers de leur espèce. Qui dira où les oies des moissons, comme ces dernières changent sans arrêt de période, devront se poser avant d'être fatiguées à en mourir. Parce qu'elles s'épuisent à errer, parce qu'elles se nourrissent de plus en plus mal. Comme l'outarde canepetière qui disparaît dans la plus grande indifférence parce qu'elle ne sait plus à quel temps se vouer.

L'intégralité est .

Publié dans charlottebousquet

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fablyrr 20/12/2009 11:36


et oui, en même temps les animaux sont immortalisés dans les musées et les dessins animés genre Walt Disney.... Et en plus il n'y avaitplus de petits four sur place alors tout le monde est reparti
dans son avion privé crachant plein de fuel et de fiel, transportant un 10e de sa capacité en Homme pour bien gacher encore de l'énergie. Mais j'imagine que cela sera rentabilisé lors du prochain
charter anti-sans-papier....