Points de fuite

Publié le par Charlotte Bousquet

En ce moment, je m'intéresse aux phénomènes de déni et à leur rapport avec l'Autre Inconscient (cf. Chimères et paradoxes, du psychanalyste et physicien Loup Verlet)  à la destructivité humaine (terme emprunté au philosophe Michel Teretschenko). L'idée est d'établir des parallèles entre les conduites destructives de l'individu - le point de rupture - et non seulement notre société mais également l'état du monde. Le tout pour un projet de communication lors du prochain colloque du CERLI, mais je ne suis même pas sûre de trouver le temsp de le développer vraiment. Bref...  A la Renaissance, notamment, l'homme était considéré comme "microcosme", autrement dit univers miniature.  Imago dei, il était médiateur entre Dieu et sa création et contenait en lui toutes les puissances du monde. Autrement dit, il était - et il est toujours si l'on conserve ce schéma - possible d'établir un parallèle entre le moi et l'autre, l'autre et les autres, les autres et le monde.
Il s'agit, certes, d'anthropocentrisme, mais un anthropocentrisme qui à mon sens peut permettre de comprendre les points de fuites et conduites destructives que nous infligeons aux autres et au monde. Il s'agit aussi de mettre un terme - en tant que chercheurs - au cloisonnement entre les disciplines et domaines (en cours, si on laisse à l'université un peu d'elle-même). il y aquelques jours, j'ai reçu  une lettre - vous savez, ce genre de choses qui tournent, où on reçoit des images ou des animations (et qui pourrissent les boîtes mail) - d'une assistante sociale expliquant que les sans-papiers "savaient qu'ils étaient en tort" et "conduisaient la sécurité sociale à la catastrophe". Outre le fait que je n'ai pas envie de recevoir ce genre de cochonneries, je suis restée un peu estomaquée par le message - deux jours plus tard, la même personneparlait d'une "négresse" dans une réunion avant de se justifier (probablement avais-je eu l'air scandalisé) - "ce n'était pas raciste". (Ah ?) et donc, lundi, je découvrais l'histoire de Najlae. Et donc, je ne peux m'empêcher de m'interroger... Et de faire des parallèles : entre notre faculté de ne pas voir (ne pas vouloir voir en allant parfois jusqu'au point de rupture) en nous, de ne pas voir ce qui se passe (cette lettre, par exemple... et ce matin, en ouvrant yahoo, je tombe sur Sarko et un otage et je me dis "tiens,  il utilise encore les otages comme faire-valoir"... et je me dis que ça doit marcher puisqu'il y a des lettres comme celle quej'ai reçue ou des gens qui parlent de "négresses") ou se cacher derrière des discours imbéciles où les chiffres et l'expression "il faut être réaliste" ne servent qu'à masquer... Quoi ? Le déni, l'aveuglement, l'indifférence ? Bref, je poursuis mon parallèle avec cette fois l'environnement - et retombe sur la notion de microcosme/macrocosme : comment est-il possible de ne pas voir, pas entendre, pas comprendre ce qui se passage aujourd'hui au niveau du climat, de ne pas voir les enjeux humains et écologiques, de trouver des excuses aussi minables que "les chiffres ne sont pas sûrs" ou "la météo, c'est imprévisible" alors que des catastrophes réelles se produisent, alors que les prévisions des climatologuies, même les plus optimistes, sont alarmantes ? Parce que ce ne sont "que" des prévisions ? (Les politiciens, économistes et ceux qui les écoutent agiraient donc à l'inverse du pari de Pascal)...
Ne pas voir, accepter l'inacceptable comme une norme (la haine, le racisme, la soumission irréfléchie à l'autorité) bref, la destructivité humaine pourrait-elle expliquer ce qui se passe aujourd'hui, dans différents domaines et au niveau mondial ?
 
Je termine par un appel (avant la doll) :
Structure unique en france, Le Refuge accueille des jeunes homosexuels chassés de chez eux, en détresse, etc. Le refuge fait depuis quelque temps l'objet de menaces de mort. Et le Refuge est en manque de fonds. Donc, voici le lien vers le site...


peacelove.png

Publié dans charlottebousquet

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Lucie Chenu 25/02/2010 19:50


Sur ceci : "les chiffres et l'expression "il faut être réaliste" ne servent qu'à masquer... Quoi ? Le déni, l'aveuglement, l'indifférence ?" j'ai envie de répondre "et la peur !" La peur de voir le
monde qu'on s'est bâti, ce qu'on croit être vrai, être juste, même si on sent que c'est bancal, s'effondrer... Alors pour refouler cette peur, le déni.

Et c'est la pire des choses à faire, je crois. Parce que la peur, c'est comme la douleur : c'est un sginal. Quelqu'un qui ne ressent pas la douleur, comme un lépreuc, est en danger et doit sans
cesse se surveiller pour vérifier qu'il n'est pas blessé. Quelqu'un qui refoule volontairement sa peur, qui la nie, ne voit pas le danger fondre sur lui, sur nous, et n'agit pas à bon escient.

Moi aussi, j'ai peur et j'ai mal. Mais je préfère en être consciente. En parler, avec toi, avec d'autres, lire, m'apercevoir que je ne suis pas seule dans mon coin, et puis que peut-être en faisant
ça, et puis que tout compte fait, il y a de l'espoir...

Parce qu'après tout, quand j'étais gamine, les droits civiques des Noirs aux USA... et maintenant, c'est un Noir qui est président des USA. Et l'Appartheid en Afrique du Sud est fini aussi. Alors
même si les choses vont et viennent, sont chaotiques, reculent et se cassent la gueule, je crois fermement qu'elles progressent, dans le bon sens.

Il y a des mieux que nous ne verrons pas, mais qu'importe ? Nous les léguerons ^^


fablyrr 25/02/2010 13:39


Cloisonnement : oui je suis contre aussi, et en terme de littérature et artistique aussi. "Jouer" sur différent tableaux permet de s'enrichir continuellement je pense. Les champs
de "pluridisciplies" sont aussi prouvé depuis longtemps, je ne sais plus quel philosophe (je suis nul sur ça) avait parlé de connaitre les mathémathiques pour avancer sur la philosophie de
l'Homme et la société.Demémoire jenesuis pas fan de ce philosophe, mais le processus est intéressant en soit.
Pour la Sarko-vidéo, c'est unenouvelle fois très triste si les gens s'arrêtent à son petit sourire pincer semi compréhensif quand il regarde l'otage qu'il avait dénoncé comme "coute cher à la
France". Mais bon on est dans une société d'apparence alors.
Pour le "trou de la écu" les gens comprendront déjà que :
1- cela n'existe pas dans la mesure ou c'est une entité d'Etat présente pour aider les gens dans le parcour de soins et que ca n'a pas pour but d'être bénéficiaire; De facto cela ne peut être
déficitaire.
2 - Les "sans-papier" n'ont aucun rapport avec un processus de soins qu'on peut obtenir ...quand on a des papier.