Little boxes

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Rien à voir avec le générique de Weeds. Quoi que - en fait, si... les petites boîtes, ce sont celles dans lesquelles on - on indéfini et aussi vaste que le monde - nous case pour un oui, pour un non, qui nous étouffent et qui nous rassurent. Et ça commence très tôt : tu ressembles à Cousin Machin, Tante Pétunia et j'en passe, l'important étant d'être mis dans la boîte "plutôt du côté de" ou "de la branche truc" (ce qui engendre modèles et traumatismes en tous genres, ouvrant eux aussi des portes sur des petites cases). Ca continue - collège, lycée, amis, ennemis, clans, bandes et cie - pour aboutir dans les étiquetages qui nous intéressent : profession, enfants, profession surtout. Et au sein de cette profession - artistique en général(un peintre est un VRAI artiste, un illustrateur... Ben c'est mignon quoi... cf. la vie de ce pauvre mais si talentueux Barbier ) - littéraire en particulier, il y a encore tout un tas de petites boîtes, étiquettes et classements. Quand on écrit, et que l'on est plus particulièrement tourné vers les genres de l'imaginaire, on est tôt ou tard confronté à ça :
"Et t'écris quoi ?" "Ben... de la fantasy, du fantastique"(et on se rend compte soudain qu'on prend un ton d'excuse alors que... c'est ce qu'on AIME bordel!) "Ah... Bon... Bon... Et tu crois que ça pourrait plaire à mon fils/ ma fille / mon kangourou (pourquoi pas, hein ?)" "Ca dépend de l'âge... " (on le sent venir gros comme une maison) "Douze ans". "Euh écoute, justement, les gamins dans mon livre, ils se font un peu malmener tu vois, ça risque d'être violent." "Je croyais que c'était des livres pour enfants ?" Là, on se sent soudain très seul.
Et si l'on reprend depuis le début : "Et t'écris quoi ? " "Ben, des livres pour enfants" (moins gênée, parce que "enfant" est un mot moins sale qu "imaginaire"). "Ah... Et... tu ne veux pas essayer d'écrire pour les adultes, un jour ?"
Sous-entendu : "Dis, quand est-ce que tu écris un vrai roman ?"
J'en reviens aux petites boîtes. "C'est un écrivain MAIS elle écrit des romans jeunesse/ fantasy/ fantastique". Classement, étiquetage. Etiquetage véhiculé au sein même de la profession - et si possible en négatif : l'imaginaire, c'est du sous-genre, le polar historique, ce n'est pas du vrai polar, la fantasy c'est pas écrit... Marre des étiquettes, se dit-on. J'écris parce que c'est comme ça, parce que je ne peux pas faire autrement, leurs classements commencent à m'étouffer je veux sortir de là... SOS.



La question qui se pose, à ce moment-là, c'est : c'est super, ma cocotte (ou mon coco mais bon, en l'occurence je suis une fille qui aime Lush donc, cocotte) mais pourquoi ? Et est-ce une raison pour cracher dans la soupe (je n'en suis pas encore là, j'aime la soupe avec de la crème fraîche, pas de la salive) ou m'excuser d'écrire... ou offrir mes bouquins à des amis qui de toute façon n'en ont rien à f... tant que je n'écrirai pas ce fameux VRAI roman...  Mais ça, j'ai arrêté en fait... Ou crier SOS dans le désert sans même un chtit scorpion mignon pour entendre ? Est-ce que tu n'es pas en train 1/ de te prendre la tête pour des choses qui n'en valent pas la peine ; 2/ te mettre toi-même dans une petite boîte ?
Plus ce post progresse, plus je me rends compte qu'il a des airs de coming out littéraire. Puisqu'il faut des boîtes, des étiquettes, allons-y - c'est vrai, j'écris des romans de fantasy, du fantastique et des polars historiques. Voire, tout récemment, un polar fantastique. Et j'aime ce que je fais. La fantasy, c'est vrai que j'en lis beaucoup moins qu'avant, en gros les romans des copains et quelques anglo-saxons de temps en temps. Le fantastique, c'est tout pareil. Mais ce n'est pas parce que c'est nul, sous-genre, ni par snobisme (je suis snob, mais plutôt au niveau des chaussures et des fringues), simplement parce que je n'ai plus vraiment le temps : j'en écris. Mais quand je découvre un roman de Justine Niogret (attendez quelques semaines et jetez-vous sur Chien du heaume), de Fabien Clavel, de Nicolas Cluzeau ou de  Laurent Kloetzer, ça fait un bien fou et C'EST DE LA LITTERATURE. c'est même, à mon sens, l'un des domaines où l'on est le plus libre d'écrire justement et d'explorer différentes facettes de l'écriture, où l'on peut traiter un nombre assez infini de sujets...
Finalement, l'imaginaire est ce qui fait exploser les petites boîtes. Et en contient une infinité (cf. Villetaneuse où le roman historique devenait littérature de l'imaginaire).

Promis, plus jamais je ne prendrai un air gêné pour dire : fantasy, fantastique, jeunesse, historique, imaginaire... Vie ?



Et je termine par une autre boîte... A diffuser largement. En plus, il y a Marion Cotillard dedans.



Publié dans charlottebousquet

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Alexis 06/11/2009 10:56


Hé bé ! Faut pas s'énerver comme ça ! C'est le débat sur la question identitaire qui te met dans cet état ? Remarque en fait, il y a de quoi, moi même je m'interroge…
Mais bon de toutes façon, chacun sait bien qu'on ne crée pas pour le public, n'est-ce pas ?
C'est pour soi ! Soi tout seul !


charlotte 04/11/2009 17:56


Merci!


Nadege demi-hobbit 04/11/2009 17:23


Continue à aimer ce que tu fais et si certains sont incapables de s'ouvrir un minimum pour comprendre tant pis pour eux.