Lundi 28 juin 2010
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Par Charlotte Bousquet
... C'était la prise de la Bastille.Un Révolution entre autres déclenchée par la faim, une crise, un peuple écoeuré par les exactions du ri, de la reine et des puissants. Aujourd'hui, on a ça :
La réduction des niches fiscales devra rapporter entre 8,5 et 10 milliards d'euros l'année prochaine, a déclaré dimanche le ministre français du Budget, François Baroin.(source :
reuters)
Niches... Vous vous dites : tiens, ils vont faire sauter le bouclier fiscal ?
Absolument pas !
Les "niches", environ 800 dispositifs d'exonération ou de réduction de l'impôt sur le revenu accumulés au fil des années sur des sujets aussi divers que l'emploi de salariés à
domicile, la garde des enfants, les investissements dans les DOM-TOM ou les dons aux organisations humanitaires, coûtent 75 milliards d'euros par an à l'Etat.
[...]
La méthode gouvernementale, qui consiste à appliquer un "coup de rabot" uniforme sur toutes les "niches", est cependant contestée puisqu'elle ne permet pas de différencier l'effort.
Ainsi, celui qui bénéficie de réductions au titre de la garde des enfants ou pour payer une femme de ménage sera autant pénalisé, en proportion, que celui qui
investit en Martinique.
[...]
Non, vous ne rêvez pas. Vous essayez d'aider les autres, d'avoir une vie en payant une garde d'enfant, de fournir une domicile à un parent âgé peut-être. Vous considrez qu'aider
associations humanitaires, parrainer des enfants, soutenir des organismes écologiques ou de protection animale est normal, et aussi qu'il est normal ne serait-ce que parce que vous avez dezs
revenus modestes et payez des impôts que ce soit déductible - il faut dire que donner à Aide et action, par exemple, vous semble plus intelligent que donner de quoi doubler son salaire au
président -, bref, vous êtes humain et altruiste au moins un minimum ?
Mauvais choix! Vous appartenez à une niche, vous l'encouragez... Bref, vous avez des privilèges qu'on va vous retirer. Et si avec toutes les économies réalisées, vous constatez : plus de chômage,
plus de personnes à la rue, c'est normal. On vous dira que c'est la crise, qu'il faut se serrer la ceinture. Et pendant ce temps, le président est toujours à 200 % (entre autres).
Ils disaient quoi, déjà, en 89 ?