Ce matin, avant de faire mon sac (à dos) pour partir au Maroc, rejoindre, l'âme et la consicence tranquille puisque
Noire Lagune est terminé - à un épilogue près - ma moitié équine, je
pompe honteusement mais de manière totalement assumée l'idée soumise par Fanny hier. La perte d'identité sur les cartes d'identité ou l'enlaidissement exigé comme principe d'humiliation de
l'individu.
Il faut : ne pas porter de lunettes, ni de boucle d'oreilles, avoir les cheveux tirés en arrière, ne pas sourire, ne pas être trop maquillé, se tenir droit et concentré... Moralité, avoir une
tête de tueur ou de robot, au choix. Effectivement, il y a là une volonté (manifeste ou non) de déshumaniser l'homme, de l'objectiver (dans tous les sens du terme), qui finalement va assez bien
avec les tendances actuelles.
Je ne parle pas de mode, là (ok, j'ai un humour de m... il FAUT que je prenne des vacances).
L'heure étant décidément aupiquage éhonté d'idées et de préoccupations - mais il y a un lien - identité, perte d'identité, sans papier (qui ne veut rien dire), photo d'identité, photo carcérale,
univers carcéral, violence policière, non-démocratie... En fait, l'un de mes cousins éloignés (un cousin de maman, donc cousin de cousin) est très impliqué dans RESF et dans la lutte active
contre les expulsions, qu'il n'hésite pas à comparer aux rafles sous Vichy.
Ci-dessous un extrait de son article publié sur l'excellent site
A contresens :
Aujourd'hui, avec la mise en place du ministère de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du co-développement placé sous la responsabilité de
Brice Hortefeux, avec l'ensemble du corpus répressif visant les étrangers demandeurs d'asile, dont le décret du 26 décembre 2007 portant sur la création du fichier ELOI comme éloignement, nous
assistons à la destruction méthodique du droit français mis en place à la Libération. Nous sommes alors totalement fondés à nous interroger sur la nature de cette politique raciste et xénophobe
mise en œuvre par le gouvernement sous l'impulsion de N. Sarkozy. A mettre en parallèle les années noires de Vichy, les similitudes avec la politique actuelle. [...]Naturellement, il existe entre
ces deux périodes des différences considérables que nous ne nions absolument pas. Mais, une fois cela affirmé, si l'on considère le comportement des autorités françaises, les similitudes sont
manifestes. En premier lieu, la présence de certaines personnes est présentée comme " un problème ", et tous les esprits " raisonnables " s'accordent pour estimer que ce " problème " exige une
solution. Hier, il s'agissait de la " question juive " ; aujourd'hui, de la droite à la gauche, tous les dirigeants affirment en chœur que l'immigration illégale met en péril nos équilibres
sociaux et économiques, notre " identité ", qu'il est nécessaire de la refouler. Les désaccords ne portent que sur la méthode. Les solutions envisagées passent toutes par l'expulsion, partielle
ou totale, des personnes jugées indésirables. En 1940-1944, l'expulsion des personnes " en surnombre dans l'économie nationale " se traduit par leur livraison aux autorités d'occupation nazies,
leur déportation. Aujourd'hui, les sans-papiers, demandeurs d'asile pour la plupart, sont renvoyés dans des pays dont certains sont soumis à des dictatures impitoyables, ravagés par des guerres
civiles, tous marqués par le sous-développement, la pauvreté.
L'inégralité de l'article est disponible
sur ce lien.
Georges Gumpel a accueilli un jeune Marocain, en france depuis 5 ans et n'arrivant pas à obtenir de papiers.
Georges Gumpel, militant de l'Union juive française pour la paix et sympathisant de RESF, est appelé à la rescousse pour l'accueillir quelques jours.
"J'avais dit que j'étais disponible en cas de besoin mais je n'avais pas prévu d'héberger quelqu'un dans la durée. Finalement, cela se passe bien: c'est un peu comme
si c'était mon petit-fils, nous avons une relation de confiance, nous partageons les repas quand il est là", raconte le bouillonnant retraité, ancien fleuriste de luxe.
"Georges m'a appris beaucoup de choses: on parle souvent de la Palestine, ou alors de la guerre, l'Allemagne, les Juifs. Je lui pose des questions, ça m'intéresse",
dit en souriant son jeune hôte, confortablement installé dans le salon. "Il m'a aussi aidé à trouver un peu de travail au noir".
Alae-Eddine a vécu reclus, dans la peur de la police, les premières semaines. Puis il a repris une vie presque normale et retourne parfois chez sa tante. Mais la
police est revenue plusieurs fois l'y chercher à l'aube, et il ne dort jamais sur place.
"Si je n'habitais pas chez Georges, je serais à la rue", lance le jeune homme, reconnaissant.
"Le drame c'est de se retrouver à devoir faire ça aujourd'hui à nouveau: protéger des enfants, des familles, des jeunes pourchassés par le gouvernement", déplore M.
Gumpel.
"Le fichage des étrangers, les quotas d'arrestations, les prisons pour étrangers: les méthodes utilisée aujourd'hui contre les sans-papiers sont les mêmes que le
gouvernement de Vichy utilisait contre les Juifs", s'emporte-t-il.
"Il n'y a pas de comparaison possible entre le nazisme et la politique de l'immigration française. Le sort des sans-papier après l'expulsion, ce n'est pas les camps
de concentration ou d'extermination. Mais la démarche est un peu la même: évacuer des hommes, des femmes et des enfants considérés comme +en surnombre dans l'économie française+, dans une totale
indifférence quant à leur sort une fois la frontière passée", estime M. Gumpel.
Une cérémonie de parrainage républicain a eu lieu samedi dans la mairie du premier arrondissement de Lyon. Georges est devenu officiellement le parrain de son
protégé, et la sénatrice socialiste Christiane Demontès sa marraine.
Or, ce jeune homme a été expulsé, après avoir été interpellé de manière évidemment très violente mardi dernier...
Ici, l'article de Lyoncapitale.fr.
... si l'on considère le comportement des autorités françaises, les similitudes sont manifestes. En premier lieu, la
présence de certaines personnes est présentée comme " un problème ", et tous les esprits " raisonnables " s'accordent pour estimer que ce " problème " exige une solution.
Cette phrase, profondément juste, est très alarmante car elle montre bien le riasonnement, la logique "froide" qu'il y a - une logique du nombre, une logique d'économiste ou de comptable - une
logique de quota.
Barbare ?
Au matin de ce départ en vacances, vous me trouverez peut-être un peu amère - je rattrape les blogs perdus... Juste avant de préparer mon passepaort numéroté, marquer mon adresse sur les bagages
(enfin, le sac à dos...) et me rendre à l'aéroport - où certainement on prendra bien soin de mettre en garde les apssagers contre la grippe porcine. Je ne sais pas si vous avez remarqué,
d'ailleurs, mais en ce moment, la "une" de certaisn jurnaux, c'est grippe porcine et crash aériens... Manipulation médiatique ? Nooooon...